Comment le changement climatique redessine la carte du tourisme mondial

Le tourisme mondial n'a jamais été aussi dynamique. En 2025, les arrivées de touristes internationaux dans les pays de l'OCDE ont atteint un niveau record de 847 millions, soit une progression de 3,4 % par rapport à l'année précédente. Et pourtant, derrière ces chiffres encourageants, une réalité s'impose avec une force croissante : le dérèglement climatique est en train de transformer en profondeur la géographie, les pratiques et les modèles économiques du secteur. En 2026, le climat n'est plus un risque externe pour les professionnels du tourisme. C'est une variable stratégique à part entière.

Un secteur à la fois victime et contributeur du changement climatique

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Le tourisme mondial est pris dans une contradiction profonde. D'un côté, il subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique. De l'autre, il y contribue : les émissions liées au tourisme ont progressé à un rythme annuel de 3,5 % entre 2009 et 2019, soit deux fois plus vite que l'économie mondiale dans son ensemble. Pour respecter les objectifs de l'Accord de Paris, le secteur devrait réduire ses émissions de plus de 10 % d'ici 2050, un défi considérable pour une industrie dont la croissance semble structurellement liée aux déplacements, et notamment à l'aviation.

Cette double exposition oblige les acteurs du secteur à repenser simultanément leur impact et leur résilience. Un exercice d'équilibriste inédit, qui demande des compétences nouvelles et une vision à long terme.

La carte du tourisme mondial se redessine

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L'un des effets les plus visibles du changement climatique sur le tourisme est la redistribution des flux touristiques à l'échelle mondiale. Des destinations historiquement attractives font face à des difficultés croissantes, tandis que d'autres, moins exposées à la chaleur, enregistrent des hausses de fréquentation spectaculaires.

Le Nord gagne du terrain

En 2025, la Finlande a enregistré une croissance de ses arrivées internationales de 16,5 %, la Norvège de 12,5 %. Ces chiffres ne sont pas le fruit du hasard : ils traduisent un phénomène que les experts ont baptisé la "coolcation" : contraction de cool et vacation. Face aux vagues de chaleur qui frappent l'Europe du Sud chaque été, de plus en plus de voyageurs se tournent vers des destinations aux températures plus fraîches. Les recherches autour de ce terme ont bondi de 300 % en un an selon Skyscanner et Expedia.

Le Sud sous pression

À l'inverse, les destinations méditerranéennes et tropicales font face à une double menace : des étés de plus en plus chauds qui détournent une partie de leur clientèle, et des risques environnementaux croissants, incendies, sécheresse, érosion du littoral. En France, première destination touristique mondiale, l'adaptation est déjà en marche : pour la première fois, la Bretagne prend la tête des destinations françaises préférées avec 23 % des intentions de voyage, devant la région PACA.

Des comportements voyageurs en pleine mutation

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Au-delà de la géographie, c'est le rapport au voyage lui-même qui évolue. Les voyageurs intègrent de plus en plus les enjeux climatiques dans leurs choix.

En 2025, 100 millions de nuitées ont été réservées dans des hébergements certifiés durables selon le rapport Booking.com, un chiffre en forte progression. 47 % des voyageurs déclarent désormais intégrer les engagements environnementaux d'une destination dans leurs critères de réservation. Et le mouvement du slow tourisme, qui prône des séjours plus lents, plus immersifs, moins carbonés, s'impose comme l'une des grandes tendances de 2026 : 68 % des voyageurs des générations Z et Y placent la déconnexion mentale en tête de leurs priorités de voyage.

Cette évolution n'est pas anecdotique. Elle redéfinit ce que les voyageurs attendent d'un séjour et par conséquent, ce que les professionnels de l'hospitalité doivent être capables de concevoir et de proposer.

Les professionnels du tourisme en première ligne

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Face à ces transformations, les acteurs du secteur sont contraints de s'adapter sur plusieurs fronts simultanément.

Repenser l'offre

Certaines destinations et certains établissements ont déjà amorcé leur mutation : diversification des saisons touristiques pour réduire la dépendance à l'été, développement du tourisme durable et de l'écotourisme, intégration de critères RSE dans la stratégie des établissements, valorisation de l'authenticité locale plutôt que des offres standardisées.

Gérer l'incertitude

Le changement climatique introduit une nouvelle variable dans la gestion des établissements touristiques : l'incertitude. Les phénomènes météorologiques extrêmes, canicules, incendies, inondations, peuvent désorganiser une saison entière en quelques jours. Les professionnels du secteur doivent désormais intégrer des plans de gestion de crise climatique au même titre que les crises sanitaires ou économiques.

Maîtriser les enjeux de durabilité

La réglementation européenne sur la durabilité se renforce, les attentes des voyageurs évoluent, et les partenaires financiers intègrent de plus en plus les critères environnementaux dans leurs décisions. Maîtriser les enjeux de durabilité n'est plus une option pour les dirigeants d'établissements touristiques, c'est une compétence fondamentale.

Former les professionnels de cette transition

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C'est dans ce contexte que la mission des écoles spécialisées prend tout son sens. Former des professionnels capables de comprendre et d'anticiper les mutations climatiques, de repenser des modèles touristiques dans un monde qui change, et de concilier attractivité économique et responsabilité environnementale : voilà l'un des enjeux pédagogiques majeurs de notre époque.

Le tourisme de demain sera plus sobre, plus résilient, plus attentif aux territoires qu'il traverse. Il aura besoin de talents formés à ces nouvelles réalités, pas seulement aux codes de l'hospitalité traditionnelle, mais aux défis d'un secteur en pleine réinvention.

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